Santé sexuelle et reproductive : la Côte d’Ivoire ajuste ses pratiques aux standards internationaux
Photo de famille des participants à l'atélier
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Un atelier consacré aux droits en santé sexuelle et reproductive a permis, du 13 au 15 janvier 2026, à Yamoussoukro, d’ajuster ses pratiques en santé sexuelle et reproductive, aux standards internationaux. Organisée par le ministère de la Santé, de l’Hygiène publique et de la Couverture maladie universelle, à travers le Programme national de santé de la mère et de l’enfant (PNSME), la rencontre a bénéficié, rapporte-on, de l’appui technique de l’ONG IPAS.
Réunissant des acteurs du système de santé, cette session avait pour objectif, selon les informations en notre possession, de renforcer les capacités des professionnels et d’harmoniser les pratiques en matière de santé reproductive, conformément aux normes internationales en vigueur.
À l’ouverture des travaux, le Dr Koné Seidou, directeur coordonnateur adjoint du PNSME, représentant la directrice coordonnatrice, a rappelé les principes qui encadrent les interventions dans ce domaine sensible. Il a insisté sur le respect strict des recommandations de l’Organisation mondiale de la santé, la prise en compte de l’âge de la grossesse ainsi que l’intervention exclusive de personnels qualifiés. Il a également évoqué les engagements pris par la Côte d’Ivoire dans le cadre du Protocole de Maputo, dont certaines dispositions ont déjà été intégrées dans le droit national.
Pour le partenaire IPAS, représenté par Soro Aboudou Nabiehouna, cet atelier revêt une importance particulière. Présente dans une douzaine de pays africains, l’organisation œuvre pour l’amélioration de la santé de la femme et de l’enfant, avec un accent marqué sur la santé sexuelle et reproductive. Il a souligné la nécessité de clarifier les perceptions, notamment sur la question de l’avortement sécurisé, afin d’éviter les pratiques à risque.
Les échanges en groupes ont permis de mettre en lumière les pesanteurs juridiques, sociales, culturelles et économiques qui freinent l’atteinte des objectifs en matière de santé reproductive. Intervenant à ce titre, Louh Ségné Jean-François, chargé d’étude à la Direction des affaires juridiques et du contentieux du ministère, a fait le point sur le cadre légal ivoirien. Il a précisé que l’avortement sécurisé est autorisé dans des cas bien définis, notamment lorsque la vie ou la santé de la mère est en danger, ou en situation de viol ou d’inceste, sous réserve du respect des conditions prévues par la loi.
L’atelier a également été l’occasion de rappeler les engagements de l’État en matière de planification familiale. Ceux-ci portent, entre autres, sur le renforcement du financement des produits contraceptifs, l’objectif d’un taux de prévalence contraceptive de 30 % à l’horizon 2030, la gratuité des services de santé reproductive pour les adolescents et les jeunes dans les structures publiques, ainsi que l’amélioration de l’accès aux méthodes contraceptives modernes.
À travers cette initiative, la Côte d’Ivoire entend consolider sa politique de santé sexuelle et reproductive, en conciliant exigences sanitaires, cadre juridique et réalités sociales, dans une dynamique d’alignement progressif sur les standards internationaux.
Modeste KONE
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