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Museveni réélu pour la septième fois : quarante ans de règne sans partage en Ouganda
19 janv. 2026, 21:31

Yoweri Museveni réélu en Ouganda

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Au pouvoir depuis 1986, le président ougandais Yoweri Kaguta Museveni a été réélu, sans surprise, pour un septième mandat consécutif, selon les résultats proclamés samedi 17 janvier 2026 par la Commission électorale nationale. Le chef de l’État sortant était opposé à Bobi Wine, de son vrai nom Robert Kyagulanyi, figure majeure de l’opposition.

D’après les résultats finaux annoncés par le président de la Commission électorale, Simon Mugenyi Byabakama, Yoweri Museveni a recueilli 71,65 % des suffrages, contre 24,72 % pour Bobi Wine. Une victoire nette sur le plan des chiffres, mais aussitôt contestée par l’opposition.

Âgé de 81 ans en janvier 2026, Yoweri Museveni demeure l’un des dirigeants les plus anciens de la planète. Il dirige l’Ouganda sans interruption depuis le 29 janvier 1986, soit plus de quarante ans. En Afrique, seuls Teodoro Obiang Nguema en Guinée équatoriale et Paul Biya au Cameroun affichent une longévité politique supérieure.

Ancien guérillero, Museveni s’est imposé sur la scène nationale par les armes avant de le faire par les urnes. Dans les années 1970, il fonde le Front for National Salvation (FRONASA), pour combattre le régime d’Idi Amin. En 1981, il engage la guerre de brousse contre le président Milton Obote. Parti avec seulement 27 fusils, son mouvement armé, la Mouvement de résistance nationale (Nrm) prend Kampala en 1986. Museveni accède alors à la présidence, promettant démocratie, stabilité et développement.

Mais cette réélection intervient dans un climat de fortes tensions politiques. Peu avant l’annonce officielle des résultats, Bobi Wine a publié une vidéo sur le réseau social X, rejetant ce qu’il qualifie de « résultats truqués ». Il y affirme s’être caché après un raid des forces de sécurité à son domicile.

« Je sais que ces criminels me recherchent partout et je fais de mon mieux pour rester en sécurité », a-t-il écrit.

Le portrait du président ougandais reste profondément contrasté. Pour ses partisans, il demeure l’homme qui a sorti le pays du chaos des années post-Amin et Obote. Pour ses détracteurs, il incarne un régime autoritaire de fait, marqué par la répression de l’opposition, des élections régulièrement contestées notamment en 2021 et lors du scrutin de janvier 2026 , l’instrumentalisation de l’armée, une corruption endémique et un refus persistant de quitter le pouvoir malgré ses engagements passés.

Dominique KOBA

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