Extradition de Damiba : Lomé tourne la page, Ouagadougou reprend la main
Que réserve Ouagadougou à Damiba?
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L’ancien président de la transition du Burkina Faso,
le lieutenant-colonel Paul-Henri Sandaogo Damiba, a été extradé vers Ouagadougou
par les autorités togolaises, samedi 17 janvier 2026. Il a été arrêté « en
exécution du mandat d’arrêt adjoint à la demande d’extradition », avant d’être
placé en détention. Saisie du dossier, la Chambre d’instruction de la Cour
d’appel de Lomé a rendu, le même jour, un avis favorable à son extradition à
l’issue d’une audience publique.Dans un communiqué officiel, le ministère togolais de
la Justice Guy Mipamb Nahm-Tchougli a confirmé que « après avis favorable de la
chambre d’instruction, Monsieur Damiba Paul-Henri Sandaogo a été remis aux
autorités de la République du Burkina Faso le 17 janvier 2026 ». Cette décision
intervient au terme d’une procédure judiciaire menée en conformité avec la
législation togolaise. Les autorités togolaises précisent que
cette décision repose sur « l’offre de réciprocité des autorités burkinabè », les
instruments juridiques internationaux, ainsi que les garanties formelles
fournies par Ouagadougou. Ces garanties portent notamment sur « le respect de
l’intégrité physique, de la dignité et des droits fondamentaux » de l’ancien
dirigeant, incluant « le droit à un procès équitable et l’absence de la peine
de mort ».Selon le correspondant régional de France 24, l’arrestation
s’est déroulée sans incident majeur. « Des hommes sont venus le chercher à son
domicile pour l’emmener à la Cour d’appel », explique-t-il. «Libre de ses
mouvements, on lui a ramené une valise avec ses effets personnels. Il a été
conduit, le lendemain, à l’aéroport », poursuit le journaliste.Renversé par le capitaine Ibrahim Traoré, Paul-Henri
Sandaogo Damiba a trouvé refuge à Lomé depuis sa chute en septembre 2022, il
était activement recherché par les autorités burkinabè, qui l’accusent d’avoir
fomenté plusieurs tentatives de déstabilisation du pouvoir en place. Il est
poursuivi pour plusieurs chefs d’accusation, parmi lesquels « détournement
criminel de deniers publics », « corruption », « blanchiment de capitaux » et «
incitation à la commission de délits et de crimes ». Le Burkina Faso avait, à plusieurs
reprises, officiellement sollicité son extradition depuis son installation au
Togo. Dominique KOBA
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