Cacao invendu : pour le PDCI-RDA, le rachat par l’État est un aveu d’échec
Le PDCI-RDA fustige une gestion sans vision et sans solutions durables du cacao
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Le Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI-RDA) a vivement réagi à la crise de la mévente du cacao, à l’issue d’un secrétariat exécutif tenu ce jeudi 22 janvier 2026.
À travers un communiqué lu par Odette N’Zi, secrétaire exécutive chargée des femmes du parti, la formation politique estime que la décision du gouvernement de racheter les stocks invendus ne constitue en rien une solution durable au problème.
Selon le PDCI-RDA, l’annonce par l’État du rachat d’environ 123 000 tonnes de fèves de cacao invendues représente un « aveu manifeste d’échec de gouvernance ». Le parti rappelle que cette situation avait déjà été signalée dans un communiqué en date du 15 janvier 2026 et déplore l’absence de mesures structurelles pour y remédier.
Le secrétariat exécutif du PDCI-RDA voit une contradiction majeure entre la décision gouvernementale et les explications précédemment avancées par le Conseil café-cacao, qui imputait les blocages au port d’Abidjan à des défauts de pièces administratives des véhicules transporteurs. Pour le parti, cette justification ne résiste pas à l’épreuve des faits.
Estimée à environ 340 milliards de francs CFA, l’opération de rachat annoncée par le gouvernement est jugée ni réformatrice ni stratégique. Le PDCI-RDA y voit plutôt la conséquence d’un système de commercialisation « mal conçu », fondé sur un prix administré sans sécurisation préalable des financements, de la liquidité bancaire et des capacités d’exportation.
« Ce rachat ne traite aucune cause au fond », martèle le communiqué. Le parti estime que cette mesure transfère le risque économique vers le budget public, sans transparence, sans vision à long terme et sans véritable plan de développement de la transformation locale du cacao.
Pour le PDCI-RDA, cette décision n’est pas une solution, mais le symptôme d’un échec structurel de la filière cacao, résultant d’une gestion improvisée et sans anticipation. Pendant ce temps, déplore le parti, les producteurs demeurent les grands oubliés de cette crise.
Confrontés à des fèves invendues, des tickets de commercialisation en main, des revenus incertains et une précarité grandissante, les planteurs font face seuls à une situation de plus en plus difficile. « C’est cette réalité humaine que le PDCI-RDA refuse d’ignorer », conclut le communiqué.
Lambert KOUAME
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