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Dossier santé / Méningite en Côte d’Ivoire : pourquoi s'en méfier actuellement
Aujourd'hui, 13:27

La vaccination demeure le meilleur moyen de se prémunir contre la méningite

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 En Côte d’Ivoire, la méningite demeure une menace sanitaire récurrente durant la saison sèche, qui s’étend généralement de décembre à avril, voire jusqu’au mois de mai. Cette période coïncide avec celle de la « ceinture africaine de la méningite », une vaste zone qui s’étend du Sénégal à l’Éthiopie et où les flambées épidémiques sont historiquement plus fréquentes (Organisation mondiale de la Santé – OMS).

En Côte d’Ivoire, la méningite demeure une menace sanitaire récurrente durant la saison sèche, qui s’étend généralement de décembre à avril, voire jusqu’au mois de mai. Cette période coïncide avec celle de la « ceinture africaine de la méningite », une vaste zone qui s’étend du Sénégal à l’Éthiopie et où les flambées épidémiques sont historiquement plus fréquentes (Organisation mondiale de la Santé – OMS).

Selon les données du ministère ivoirien de la Santé et de l’Hygiène publique, la majorité des cas suspects et confirmés sont enregistrés pendant ces mois marqués par des conditions climatiques particulières, justifiant un dispositif de surveillance renforcé sur l’ensemble du territoire national.

L’harmattan et la sécheresse, facteurs aggravants

Les experts sanitaires expliquent cette recrudescence par l’arrivée de l’harmattan, un vent sec et chargé de poussière soufflant du Sahara vers les pays côtiers. Ce phénomène climatique assèche les muqueuses nasales et fragilise les voies respiratoires, facilitant ainsi l’invasion de bactéries responsables de la méningite, notamment le méningocoque (OMS).

La sécheresse prolongée et la faible humidité de l’air favorisent également la transmission interhumaine de la maladie, surtout dans les zones à forte promiscuité telles que les quartiers densément peuplés, les internats scolaires ou les camps militaires, selon les analyses du Centre national de veille épidémiologique (CNVE).

Une maladie aux conséquences graves

La méningite est une infection grave des méninges, les membranes qui entourent le cerveau et la moelle épinière. Elle peut évoluer rapidement vers des complications sévères, voire entraîner la mort en l’absence d’une prise en charge rapide (OMS). En Côte d’Ivoire, les autorités sanitaires soulignent que les enfants, les adolescents et les jeunes adultes constituent les groupes les plus exposés (Ministère de la Santé).

Les symptômes les plus courants incluent une forte fièvre, des maux de tête intenses, une raideur de la nuque, des vomissements et parfois des troubles de la conscience, rappellent les services de surveillance épidémiologique.

La vaccination, pilier de la prévention

Face à ce risque saisonnier, la vaccination reste le principal moyen de prévention contre la méningite. L’Organisation mondiale de la Santé recommande une couverture vaccinale élevée dans les pays de la ceinture de la méningite afin de prévenir les épidémies (OMS).

En Côte d’Ivoire, le ministère de la Santé indique que des campagnes de vaccination ciblées sont régulièrement organisées, notamment dans les zones à risque et auprès des populations vulnérables. L’introduction progressive de vaccins conjugués a permis de réduire significativement l’incidence de certaines souches responsables des grandes épidémies (Ministère de la Santé et de l’Hygiène publique).

Appel à la vigilance et à la sensibilisation

Outre la vaccination, les autorités sanitaires insistent sur l’importance de la sensibilisation des populations. Le respect des mesures d’hygiène, la réduction de la promiscuité et la consultation rapide dans un centre de santé dès l’apparition des premiers symptômes sont essentiels pour limiter la propagation de la maladie (OMS).

Chaque année, à l’approche de la saison sèche, les services sanitaires ivoiriens renforcent la surveillance épidémiologique et appellent les populations à une vigilance accrue, afin d’anticiper toute flambée et de réduire les conséquences sanitaires et sociales de la méningite (CNVE).

Elisa Achi

 

Encadré

Dr Kassi Alfred : « Cette maladie peut s’aggraver en quelques heures et engager le pronostic vital »

Joint par téléphone, le jeudi 22 janvier 2026, le Dr Kassi Alfred, médecin généraliste au cabinet médical du quartier Divo à Koumassi, souligne que cette maladie peut s’aggraver en quelques heures et engager le pronostic vital. « Les méningites bactériennes sont les plus redoutables. Des signes comme une forte fièvre, des maux de tête intenses, une raideur de la nuque, des vomissements ou une sensibilité à la lumière doivent alerter immédiatement », a-t-il expliqué. Cependant, le médecin relève qu’il existe également des méningites non infectieuses. « Celles-ci peuvent être associées à certaines maladies auto-immunes, c’est-à-dire des maladies inflammatoires chroniques pouvant toucher différents organes ou systèmes comme la peau, les articulations, les reins, le cœur ou le cerveau, ou encore à des cancers métastasés, notamment du poumon ou du sein », ajoute Dr Kassi.Pour le spécialiste, la prévention de la méningite repose sur une bonne hygiène, notamment le lavage régulier des mains avant les repas et après les toilettes, ainsi que sur la vaccination, qui demeure le moyen le plus efficace de protection contre certaines formes de la maladie.

 

E. A.

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