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Grand Marché d’Adjamé : immersion dans le quotidien des petits commerçants
Aujourd'hui, 15:27

Au marché forum la débrouille se vit avec dignité

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Il est 6 heures, au petit matin du mercredi 21 janvier 2026. Nous sommes à Adjamé. Dès notre descente du taxi communal devant la mairie, nous nous dirigeons derrière celle-ci, histoire de prendre un raccourci pour rejoindre notre destination:  le Forum des marchés. Le soleil peine encore à se lever, mais le marché Forum de cette commune commerciale et populaire d’Abidjan est déjà en mouvement. 

Ici, les petits commerçants et les débrouillards entament leur journée bien avant l’agitation habituelle. Car pour eux, survivre rime avec courage, endurance et solidarité. Après seulement quelques pas, notre atttention est attirée par un petit groupe de jeunes hommes  assis dans un kiosque à café,  en train de prendre leur petit déjeuner avant de se rendre dans les coins et recoins du marché. Assis sur des tabourets et des chaises, vêtus de pantalons Jean’s et de T shirts pas très propres (tenus adaptés pour leur  travail), ils tiennent, une tasse de café ou de thé chauds pour les uns, bouillie de mil pour d’autres à la main, ils échangent dans une ambiance détendue. 

Ce moment bref mais essentiel, car il leur permet, selon leurs propos,  de prendre des forces avant de sillonner les rues du marché. Nous engageons alors une conversation avec eux. Même s’ils ne sont pas très causants à cette heure de la journée.

Pendant nos échanges, l’un d’eux nous confie que nombreux sont ceux d’entre eux qui dorment sur les étals ou dans des magasins du marché, car n’ayant pas les moyens de s’offrir un logis. Ce qui les oblige à se lever avant l’aube.

Après ce petit déjeuner qui a obligation de les maintenir au moins jusque tard dans la journée, le groupe se disperse. Les uns rejoignent les rues où ils ont l’habitude d’étaler leurs marchandises, les autres arpentent les allées du marché à la recherche de potentiels clients. Malgré le soleil et la chaleur, les visages restent souriants.

Vente de chaussures, de sacs à main et d’articles divers à la criée, ou simples services de portage de bagages pour les clients, chacun s’apprête à gagner sa journée comme il peut.

Plus loin, nous observons des jeunes filles, elles aussi, venues à la recherche de leur pain quotidien en proposant des ustensiles de cuisine, des légumes. Ou alors leurs services en qualité d’aide pour faire le marché.

Parmi ces travailleurs, Moussa Kaba, ne cache pas son enthousiasme. Pour lui, chaque matin est une nouvelle bataille à mener. « Après la prière de 5 heures, je viens à ce kiosque vers 6 heures pour prendre mon petit déjeuner, histoire d’avoir de la force pour aller sur le terrain », confie-t-il, le sourire aux lèvres.

Comme beaucoup de petits commerçants du marché, Moussa mise sur les premières heures de la matinée pour attirer les clients et assurer le minimum nécessaire pour la journée.

À l’entrée du grand marché Forum, Safi, jeune vendeuse de légumes au teint ébène et au visage candide, commence sa journée d’une manière particulière. Avant même de proposer ses produits, elle pose un geste simple mais chargé de sens. « Chaque matin, avant d’aller vendre mes légumes, je partage de l’eau glacée gratuitement aux personnes qui passent dans le marché. Ce n’est pas un sacrifice, c’est ma façon de bien commencer la journée », explique-t-elle. Ce geste, répété quotidiennement, illustre l’esprit de solidarité qui anime encore ce grand centre commercial.

Sans grands moyens, mais avec beaucoup de détermination, ces petits commerçants que l’on retrouve sur toute la superficie du grand marché d’Adjamé (de la Mairie à l’église catholique Saint Michel, ou à la grande mosquée) donnent vie au marché dès les premières heures du jour. Ils participent jour après jour, à leur survie et celle de leurs familles.

 

Elysa Achi

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