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Nouveau gouvernement : Ahoua Don Mello dénonce une dérive vers un « parti-État hégémonique »
Aujourd'hui, 14:31

Ahoua Don Melo, pas tendre avec le régime au pouvoir

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Le candidat malheureux à l’élection présidentielle du 25 octobre 2025 a réagi à l’annonce de la formation du nouveau gouvernement le vendredi 23 janvier 2026.

Dans une analyse sévère de la recomposition du pouvoir exécutif et de ses implications institutionnelles, l’ancien candidat estime que la nouvelle équipe gouvernementale ne marque aucune rupture avec le passé. Au contraire, elle s’inscrirait, selon lui, dans une logique de continuité renforçant l’emprise du RHDP sur l’appareil d’État.

« Le RDR a engendré le RHDP, lequel a engendré le parti-État », affirme-t-il, décrivant un système où le pouvoir serait exercé « par le RHDP, pour le RHDP et au profit exclusif du RHDP ».

Ahoua Don Mello voit dans cette évolution la volonté du régime d’absorber progressivement l’État dans le parti et le parti dans l’État, accentuant ainsi une dynamique hégémonique. Il évoque également les conséquences du départ du PDCI du RHDP, estimant que les anciens cadres issus de ce parti, bien que présents dans la nouvelle configuration, demeurent politiquement marqués par l’ADN du RDR.

Sur le plan institutionnel, le candidat malheureux à la présidentielle s’interroge sur l’architecture du pouvoir exécutif mise en place. Il critique notamment la coexistence d’un Vice-Premier ministre et d’un Premier ministre, qu’il compare à « deux capitaines dans un même bateau ». Selon lui, cette configuration pourrait engendrer des contradictions dans la prise de décision, l’un étant appelé à « gouverner sans régner » et l’autre à « régner sans gouverner ».

Au-delà de la composition gouvernementale, Ahoua Don Mello pose la question centrale de la relève politique annoncée par le Président de la République, également président du RHDP. Deux scénarios se dessineraient alors : soit le parti au pouvoir opte pour une voie démocratique, ouvrant la voie à un véritable approfondissement de la démocratie, soit il s’engage dans une logique de succession non démocratique, qu’il rapproche symboliquement de l’article 8 contextualisé de la Charte de Kurukan Fuga.

Dans un contexte géopolitique mondial marqué, selon lui, par la résurgence de modèles hégémoniques dans le Sud global, Ahoua Don Mello appelle à l’émergence d’une gauche plurielle, structurée et consciente de ses responsabilités historiques. Une telle alternative serait, à ses yeux, la seule capable d’éviter un retour en arrière, du multipartisme vers un parti-État hégémonique, voire un parti unique déguisé, dont l’objectif serait d’absorber ou de neutraliser l’opposition.

Cette sortie politique relance le débat sur l’avenir du pluralisme démocratique en Côte d’Ivoire, à quelques mois des premières grandes réformes annoncées par le nouveau gouvernement.

Lambert KOUAME

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