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Assemblée nationale : Patrick Achi veut mutualiser les indemnités des commissions pour éviter la ruée vers les postes stratégiques
Aujourd'hui, 08:01

Les députés sont situés sur leur différentes commissions de travail

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L’Assemblée nationale a procédé, jeudi 12 février 2026, à la ratification de la liste des membres de ses six commissions permanentes. Il s’agit de :

la commission des affaires générales et institutionnelles ;

la commission des affaires économiques et financières ;

la commission des affaires sociales et culturelles ;

la commission des relations extérieures ;

la commission de la recherche, de la science, de la technologie et de l’environnement ;

la commission de la sécurité et de la défense.

Au total, 252 députés – à l’exception du président de l’Assemblée, qui ne siège dans aucune commission – ont été répartis à raison de 42 membres par commission, au sein des quatre groupes parlementaires et parmi les non-inscrits.

Les inscriptions ont tenu compte des souhaits exprimés par les députés, de leur expérience antérieure et des équilibres politiques. Toutefois, face à l’afflux de candidatures vers certaines commissions, un arbitrage a été nécessaire.

Au-delà de cette formalité institutionnelle, le président de l’institution, Patrick Achi, a saisi l’occasion pour plaider en faveur d’un « panier commun » des indemnités, une proposition destinée à rééquilibrer l’intérêt des députés pour les différentes commissions.

Un fait a particulièrement retenu l’attention du président : près de 100 députés ont manifesté leur intérêt pour la commission des affaires économiques et financières. Une concentration qui, selon lui, ne saurait s’expliquer uniquement par l’intérêt pour les thématiques budgétaires et financières.

Se disant peu convaincu par certaines explications avancées, Patrick Achi a ouvert la réflexion sur les motivations profondes de cet engouement. En filigrane, la question des indemnités liées aux commissions semble avoir pesé dans les choix.

Pour prévenir toute concurrence motivée par des considérations financières, le président de l’Assemblée nationale a proposé la mise en place d’un « panier commun » des indemnités. L’idée : mutualiser les indemnités allouées aux commissions afin qu’elles soient réparties de manière équitable entre tous les membres, quelle que soit leur affectation.

« Peut-être que ce serait bien de faire des paniers communs, comme ça au moins, il n’y a pas de favorisé », a-t-il suggéré, estimant qu’une telle mesure permettrait d’éviter que des députés « ne se précipitent » vers certaines commissions pour des raisons pécuniaires plutôt que par intérêt pour les dossiers.

À travers cette proposition, Patrick Achi entend recentrer l’engagement parlementaire sur la recherche de connaissances et l’approfondissement des politiques publiques, plutôt que sur les avantages matériels liés aux fonctions.

Le président a par ailleurs rappelé que tout député peut assister et participer aux travaux d’une commission, même sans en être membre, à l’exception du droit de vote. Une précision visant à dissiper le sentiment d’exclusion chez certains élus et à encourager une implication transversale dans les débats.

Il a également souligné que des formations spécialisées sont prévues au budget de l’Assemblée pour permettre aux députés de se renforcer sur les thématiques de leur choix, indépendamment de leur commission d’affectation.

Cette nouvelle configuration des commissions s’inscrit dans une législature qui met l’accent sur le contrôle de l’exécution du budget et l’évaluation des politiques publiques.

La Conférence des présidents, désormais constituée, se réunira le 18 février pour fixer le calendrier des travaux de la première session ordinaire.

À travers son plaidoyer pour un « panier commun », Patrick Achi envoie un signal clair : garantir l’équité entre députés et renforcer la crédibilité de l’action parlementaire en détachant les choix d’affectation de toute logique d’avantage financier.

Lambert KOUAME

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