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Afrique du Sud – États-Unis : l’ambassadeur américain convoqué après des propos jugés « non diplomatiques »
Hier, 21:39

Tension diplomatique tendu entre Pretoria et Washington

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Le ministre sud-africain des Relations internationales et de la Coopération, Ronald Lamola, a convoqué mercredi 12 mars 2026 le nouvel ambassadeur des États-Unis en Afrique du Sud, Brent Bozell, afin qu’il s’explique sur des déclarations qualifiées de « non diplomatiques », moins d’un mois après sa prise de fonctions à Pretoria.

Dans les causes de la polémique figurent des propos tenus par le diplomate américain lors d’une rencontre avec des chefs d’entreprise. Évoquant le chant « Kill the Boer, Kill the Farmer », issu de la lutte contre le régime d’Apartheid, l’ambassadeur avait affirmé : « Je suis désolé, mais je n’ai que faire de ce que vos tribunaux disent, c’est un discours de haine ».

Face aux réactions, Brent Bozell a tenté de nuancer ses propos le lendemain sur le réseau social X. « Je tiens à préciser que, même si mon opinion personnelle comme celle de nombreux Sud-Africains  est que le "Kill the Boer" constitue un discours de haine, le gouvernement des États-Unis respecte l’indépendance et les conclusions de l’appareil judiciaire sud-africain », a-t-il écrit.

L’ambassadeur a également critiqué les politiques de discrimination positive mises en place pour corriger les inégalités héritées de l’apartheid et favoriser l’accès à l’emploi pour les populations noires, estimant qu’elles avaient contribué à une « stagnation » de l’économie.

Une analyse immédiatement rejetée par le chef de la diplomatie sud-africaine. « Les programmes de discrimination positive ne sont pas du racisme inversé », a réagi Ronald Lamola, précisant qu’il s’agit d’« un instrument fondamental conçu pour remédier aux déséquilibres structurels propres à l’histoire singulière de l’Afrique du Sud ».

Le ministre a rappelé que ces politiques constituent « un impératif constitutionnel que le gouvernement sud-africain ne pourra et ne voudra jamais abandonner », tout en soulignant que les envoyés étrangers doivent respecter « les protocoles diplomatiques et la souveraineté judiciaire » du pays.

Les déclarations de Brent Bozell ont suscité de vives réactions dans le pays. Le parti d’opposition Economic Freedom Fighters a appelé les autorités à déclarer le diplomate américain persona non grata et à l’expulser.

Cette nouvelle tension intervient dans un contexte déjà délicat entre Pretoria et Washington, notamment après la plainte pour génocide déposée par l’Afrique du Sud contre Israël devant la International Court of Justice au sujet de la guerre dans la bande de Gaza.


Dominique KOBA

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