Édito
Le football a parfois le goût délicieux des scénarios parfaitement écrits. Cette semaine, le hasard du calendrier offrait à l’ASEC Mimosas une perspective rare et symbolique : voir notre club sacré champion le même jour en Ligue 1 masculine et en Division 1 féminine, à quelques heures d’intervalle seulement.
Une double consécration qui aurait marqué les esprits et inscrit une nouvelle page dorée dans l’histoire du club. Dans les coulisses, chacun s’y préparait avec discrétion mais avec cette excitation particulière que procurent les grands rendez-vous. Les regards étaient tournés vers cette journée qui pouvait devenir exceptionnelle. Mais le football aime rappeler qu’il reste imprévisible. La défaite de nos garçons sur les terres du Gbêkê a repoussé l’échéance du sacre masculin, laissant en suspens cette célébration commune tant attendue. Faut-il y voir un geste de galanterie de ces messieurs, refusant de voler la vedette à ces dames ? L’idée est séduisante, presque romanesque, mais elle ne résiste guère à la réalité du terrain. Nos Mimos étaient animés d’une véritable soif de victoire depuis plusieurs semaines, déterminés à conclure au plus vite ce championnat. Et il aurait été injuste, aussi, de priver les nombreux Actionnaires ayant fait le déplacement de la joie d’un sacre immédiat. Non, il faut simplement accepter la vérité simple et universelle du football. Et dans ce football parfois capricieux, il y a tout de même une certitude éclatante : ce sont bien nos dames qui auront ouvert le bal des champions cette saison. Quelques heures plus tôt, elles avaient brillamment assuré leur deuxième titre consécutif de championnes de Côte d’Ivoire, confirmant leur domination sur la scène nationale avec une régularité remarquable. Ce sacre n’est pas le fruit du hasard, mais celui d’un travail constant et d’une discipline exemplaire. À cette performance nationale s’ajoute leur magnifique parcours en Ligue des Champions féminine, où elles ont porté haut les couleurs du club avec courage et talent. Elles ont démontré que l’excellence n’a ni genre ni limite, seulement des exigences et du caractère. Cette consécration mérite d’être célébrée à sa juste valeur. Car derrière ce trophée se cachent des mois de sacrifices, de persévérance et parfois de silence. Trop souvent encore, le football féminin doit lutter pour obtenir la lumière qu’il mérite.
Aujourd’hui, cette lumière leur appartient pleinement. Le titre masculin viendra, nous n’en doutons pas. Mais cette semaine, avec respect et admiration, l’honneur revient aux dames. Et il est largement mérité.
Benoît YOU
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