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Convocation de Katinan Koné : le PPA-CI dénonce un harcèlement judiciaire contre ses cadres et militants
Aujourd'hui, 08:59

Le PPA-CI appelle à l’arrêt des procédures judiciaires contre son vice-président

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Le Parti des peuples africains-Côte d’Ivoire (PPA-CI) a dénoncé, jeudi 10 septembre 2026 à Abidjan, ce qu’il qualifie de « harcèlement judiciaire » contre ses cadres et militants, à la suite du maintien en garde à vue de son 4e vice-président, Justin Katinan Koné.

S’exprimant lors d’un point de presse, le président exécutif du PPA-CI, Léon Emmanuel Monnet, a fustigé la procédure engagée contre M. Katinan Koné, estimant qu’elle constitue une tentative de réduire au silence la parole de l’opposition.

Selon M. Monnet, cette affaire fait suite à une conférence de presse tenue le jeudi 3 septembre par Justin Katinan Koné dans le cadre de « La Tribune du PPA-CI », au cours de laquelle le responsable politique avait dénoncé la responsabilité et la complicité du pouvoir RHDP dans le phénomène de l’orpaillage clandestin et illégal en Côte d’Ivoire.

Le lundi 7 septembre, le RHDP, par la voix de son secrétaire exécutif, Ibrahim Cissé Bacongo, a saisi le procureur de la République d’une plainte pour diffamation contre Justin Katinan Koné et le président du PPA-CI, Laurent Gbagbo.

Convoqué le mercredi 9 septembre à la préfecture de police, Justin Katinan Koné s’y est rendu accompagné de la direction du PPA-CI et de ses avocats. Les motifs évoqués par les enquêteurs portaient notamment sur des faits présumés de diffamation, d’injures et de diffusion de fausses nouvelles, a expliqué M. Monnet.

Les avocats du PPA-CI ont alors soulevé la question du statut de leur client, ancien membre du gouvernement, en invoquant une disposition légale de 2005 qui, selon eux, soumet son audition dans une procédure judiciaire à la saisine préalable de la Cour de cassation.

Face à ce préalable, une seconde accusation, portant sur des faits présumés de trouble à l’ordre public en lien avec l’élection présidentielle d’octobre 2025, aurait été évoquée sur instruction du procureur de la République, selon le PPA-CI.

C’est sur cette base que Justin Katinan Koné a été maintenu en garde à vue dans la nuit du mercredi 9 au jeudi 10 septembre 2026, a indiqué M. Monnet, précisant que son audition devait reprendre jeudi à 14 heures.

Pour le président exécutif du PPA-CI, cette procédure traduit une volonté de « criminaliser toute parole politique de l’opposition » et d’utiliser la justice pour répondre aux critiques formulées à l’encontre de la gouvernance du RHDP.

« Le PPA-CI dénonce le harcèlement judiciaire contre ses cadres et militants », a déclaré M. Monnet, faisant également état de plus de 1 000 militants qui seraient, selon le parti, détenus sans jugement depuis plusieurs années.

Le parti d’opposition dénonce également ce qu’il présente comme un « traquenard judiciaire », estimant qu’une plainte initialement présentée comme relevant d’une initiative du RHDP aurait donné lieu à une procédure portant sur des faits de trouble à l’ordre public.

Le PPA-CI a, en conséquence, exigé « l’arrêt immédiat, total et sans conditions » des procédures engagées contre Justin Katinan Koné.

Le parti a également appelé le pouvoir RHDP à ne pas remettre en cause, selon lui, les acquis du multipartisme en Côte d’Ivoire, rappelant le combat mené par Laurent Gbagbo et ses camarades contre le système du parti unique.

« Dire la vérité des faits et défendre le patrimoine national ne constituent pas un délit, mais un droit constitutionnel et un devoir citoyen », soutient le PPA-CI.

Le parti a exprimé sa solidarité à Justin Katinan Koné et aux autres militants détenus pour leurs opinions, tout en annonçant son intention de saisir, si nécessaire, des organisations nationales et internationales engagées dans la défense des droits fondamentaux.

Le PPA-CI a outre appelé ses structures, ses militants, ses sympathisants et « tous les démocrates ivoiriens » à rester vigilants et mobilisés face à ce qu’il qualifie de « dérive totalitaire » du régime RHDP.

 

Lambert KOUAME

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