Les acteurs nationaux de utte contre les VBG ont pris part à ce séminaire
La Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), à travers son centre pour le développement du genre (CCDG) a organisé à Abidjan, les mercredi 16 et jeudi 17 septembre 2026, un atelier de renforcement des capacités, en faveur des officiers de police judiciaire (OPJ) de la police et de la gendarmerie, des points focaux VBG de la justice et des acteurs de première ligne de la lutte. Cette formation de deux jours, organisée en collaboration avec le ministère de la Femme, de la Famille et de l’Enfant (MFFE), le Programme national de lutte contre les VBG (PNLVBG) et l’association Akwaba Mousso, a réuni une cinquantaine de participants venus de toutes les contrées de la Côte d’Ivoire. Elle visait à améliorer leurs compétences dans la détection des différentes formes de violences et à renforcer leur capacité à assurer une prise en charge judiciaire, psychologique et sociale adaptée aux victimes. A l’entame de l’activité, la directrice du CCDG, Sandra Oulaté, a dévoilé les statistiques en Côte d’Ivoire. Elle a fait savoir que selon les données disponibles 26,6 % de femmes sont victimes de violences conjugales, 36,7 % de femmes et filles ont subi des mutilations génitales féminines (MGF) et 35,1 % sont données en mariages avant 18 ans. Elle a présenté le rôle des entités invitées dans la prévention et la réponse aux VBG, notamment dans l’identification précoce des victimes et leur orientation vers les services appropriés. Pour elle, ces derniers interviennent depuis le constat des faits et le dépôt de plainte jusqu’au traitement des dossiers médicaux et judiciaires. Ils participent également à l’accueil des victimes, à la collecte, à la centralisation et au partage des données. C’est pourquoi, selon Sandra Oulaté, il est important de leur permettre de reconnaître les signes de violences, y compris lorsque les victimes ne les expriment pas clairement. Elle a indiqué qu’il est nécessaire de parfaire une collaboration renforcée entre les services judiciaires, sociaux et psychologiques afin d’assurer une prise en charge cohérente et adaptée aux besoins des victimes. La directrice du CCDG a appelé à une meilleure connaissance des différentes formes de violences ( physiques, sexuelles, psychologiques et économiques). Elle a également insisté sur la qualité de l’accompagnement à apporter aux survivantes. Celui-ci doit reposer sur le respect, l’empathie et la confidentialité, tout en tenant compte des questions de genre. La représentante de la ministre de la Femme, de la Famille et de l’Enfant, Dr Binaté Fofana Namizata, a insisté sur la nécessité de mieux préparer les professionnels chargés d’accueillir et d’accompagner les victimes. Elle a notamment souligné que les femmes confrontées aux violences doivent pouvoir se tourner vers les institutions judiciaires et les forces de l’ordre en toute confiance. Pour elle, le renforcement des capacités de ces acteurs constitue un levier essentiel pour améliorer la réponse aux violences basées sur le genre. « Lorsqu’une victime sollicite de l’aide, elle doit être accueillie dans des conditions appropriées, avec une écoute attentive et une réelle compréhension de sa situation », a-t-elle déclaré. Pour sa part, la représentante de la Commission de la CEDEAO, Fathma Diarré Mahan, a fait savoir que cette initiative s’inscrit dans les efforts régionaux de lutte contre les inégalités entre les femmes et les hommes, ainsi que contre les différentes formes de violences et d’exploitation. S’appuyant sur les données du ECOWAS Gender Barometer de 2023, elle a révélé que 26,3 % des femmes dans l’espace CEDEAO sont victimes de violences conjugales, 42 % de filles ayant subi une excision et 40,9 % de femmes mariées avant l’âge de 18 ans. Solange ARALAMON
Donnez votre avis