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Cinq mesures pour renforcer la sécurité phytosanitaire de la filière mangue : le gouvernement prépare la campagne 2027
Aujourd'hui, 10:21

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Le gouvernement ivoirien a annoncé cinq mesures pour renforcer la sécurité phytosanitaire de la filière mangue et favoriser la reprise des exportations vers le marché européen dès la campagne 2027. Ces dispositions interviennent après la suspension des importations de mangues fraîches ivoiriennes par l’Union européenne depuis le 1er août 2026.

 

Présentant ces mesures jeudi 15 octobre 2026, lors d’une conférence de presse à Abidjan, le ministre de l’Agriculture, du Développement rural et des Productions vivrières, Bruno Nabagné Koné, a annoncé un ensemble d’actions portant sur la gouvernance de la filière, l’assainissement du dispositif d’exportation, la lutte contre la mouche des fruits, le renforcement des contrôles officiels et la traçabilité des expéditions.

 

Pour réduire les risques d’infestation, l’État prévoit une enveloppe de 3,5 milliards FCFA destinée au traitement phytosanitaire des 20 000 hectares du verger national répartis dans neuf régions productrices.

Plus de trois millions de pièges, accompagnés des produits nécessaires, seront déployés avant la prochaine floraison. Cette opération vise à renforcer la lutte contre la mouche des fruits, considérée comme l’un des principaux problèmes phytosanitaires auxquels la filière est confrontée.

Le gouvernement prévoit également de renforcer les contrôles officiels à toutes les étapes de la chaîne, du verger jusqu’au point de sortie du territoire national. Chaque lot destiné à l’exportation devra pouvoir être retracé jusqu’au verger d’origine, au producteur et au technicien chargé de la récolte.

L’assainissement du dispositif d’exportation constitue un autre axe des mesures annoncées. Pour la campagne 2027, 33 exportateurs et 34 stations de conditionnement ont été retenus. En revanche, 15 exportateurs et neuf stations ont été écartés.

Les expéditions de mangues par fret aérien sont également suspendues pour la prochaine campagne. Selon Bruno Nabagné Koné, ce mode de transport, qui représente environ 2 % des exportations, était à l’origine de près d’un quart des interceptions enregistrées en 2026.

En parallèle, un audit indépendant de l’approche systémique ivoirienne est prévu avant la transmission de sa version révisée à la Commission européenne. Cette démarche doit contribuer à renforcer les garanties sanitaires présentées par la Côte d’Ivoire et à répondre aux exigences du marché européen.

 

La suspension des importations fait suite à l’interception de 27 lots de mangues ivoiriennes en 2026, contre 12 en 2025 et 32 en 2024. Le ministre a précisé que 15 % des exportateurs concentraient plus des deux tiers des interceptions enregistrées en 2026, soulignant ainsi la nécessité de mieux encadrer les acteurs de la filière et de renforcer les contrôles. « Notre ambition est claire : créer toutes les conditions d’une reprise dès la campagne 2027, dans un cadre renforcé », a déclaré Bruno Nabagné Koné. Il a toutefois indiqué qu’aucune date ferme ne pouvait être avancée, la réouverture du marché relevant également d’une décision des autorités européennes.

L’enjeu est important pour la filière mangue ivoirienne, qui produit environ 180 000 tonnes par an, dont 35 000 tonnes exportées vers l’Union européenne. Avec près de 5 000 producteurs et environ 100 000 personnes vivant de cette activité, elle génère plus de sept milliards FCFA de revenus annuels au profit des producteurs.

 

La mise en œuvre de ces mesures devra donc permettre à la Côte d’Ivoire de renforcer la conformité sanitaire de ses mangues et de réunir les conditions nécessaires à la reprise des exportations vers son marché européenne 

 

Elysa Achi

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